Porte à porte. 22 septembre
Comment vivez vous !? c'est pourtant simple cette question, c'est le début de tout, d'une inquiétude, d'une émotion, d'une tendresse à demi avouée. Comment allez vous mon voisin, ma voisine de palier !? Pas de grands mots, seulement une ou deux questions lancées dans l'ascenseur, l'escalier, sur le paillasson mal aligné devant la porte au moment de sortir. Un regard, un sourire (pas nécessaire mais suffisant pour entrer en conversation) et puis une réponse, ça va, merci, bonne journée. Et l'autre s'échappe, s'en va, dos en forme de masque. Pour savoir un peu de ce que pense, aime, redoute, craint, espère cette femme, cet homme qui me ressemble ou pas, qui vient d'à côté ou de très loin il faut pratiquer modestement la politesse, l'attention, l'empathie.
Pratique suspecte aux yeux et z'oreilles de celles et ceux qui voient en toute étrangeté (mais il vient d'où celui là ?) un danger.
Alors comment apprécier l'idée du porte à porte, de la démarche qui consiste à aller sonner, toquer, frapper trois coups élégants aux portes pour entrer en contact ? Le maire de New York a usé de cette idée pour devenir l'élu de sa ville mégapole. La gagnante des élections municipales à Berlin a fait de même. De portes en portes recueillir les avis, les émotions, les amertumes et les colères des personnes qui ne vous laissent pas entrer chez elles mais qui acceptent de se raconter. La politique qui consiste à faire d'abord une démarche de connaissance même fugace paie. Partir de là, ramasser les récits, les amertumes, les contradictions et en faire une cohérence de vie, une ossature de programme de choses à faire, à réaliser pour que la vie soit meilleure.
Le porte à porte est une vieille technique humaine de commerce, dans le sens du contact, du savoir, de l'humilité mais aussi de l'aide. Et ce n'est pas lourd à porter, pas triste bien au contraire. La leçon de ces victoires électorales de rupture naît de son aspect joyeux. Les candidats d'extreme droite ou de la droite dite sérieuse en Europe jouent du drame, du désespoir, d'une histoire racontée où l'on est victime, alors que ce choix d'aller sonner aux portes repose sur une envie de convivialité, de solidarité.
La politique punitive repousse les hésitants. La politique du renversement de l'impossible suscite à minima une curiosité et puis une envie de voir, de participer. L'incitation au bonheur de faire ensemble un pas de côté. Les succès de ces démarches viennent de là. Il serait bon que les dizaines de candidats (mais pourquoi autant d'hommes et si peu de femmes !!!) s'inspirent de ces réussites étrangères pour nourrir la campagne présidentielle française déjà entamée, en imposant une priorité écologique, une rupture économique et un souci réel des gens de peu.