Molière. 25 septembre
Quoi de neuf ? Molière ! Allons donc au théâtre (La Michodière Paris) où Francis Perrin joue et met en scène Le Malade Imaginaire. Et puis fort du spectacle drôlement renouvelé, se remettre à lire Molière en s'amusant à y chercher quelque accointance avec les évènements d'aujourd'hui. Exercice non achevé.
"c'est une folie à nulle autre seconde que vouloir se mêler de corriger le monde" (Le Misanthrope) . L'Assemblée générale des Nations Unies à New York vient de voir défiler chefs d'états démocrates et chefs d'états autocrates. L'américain entend corriger à son profit exclusif le monde, corriger les noms géographiques, corriger ce qui l'empêche de faire du business. L'iranien joue les victimes, se donne le beau rôle face à l'agresseur israélo américain et non sans misanthropie entend que l'on laisse les gardiens de la révolution poursuivre leurs sales besognes, chacun chez soi ça nous va dit il. L'israélien faisant fi des accusations de génocide, moque les erreurs de ses adversaires, se pose lui aussi en victime et renvoie la balle de la colonisation avérée de la Cisjordanie aux ex colonisateurs occidentaux. Pendant ce temps, absents à l'ONU Poutine et Xi Jin Ping imposent leurs corrections militaires ou économiques au reste de la planète...Folies vous dis je !
"il n'y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre" (L'Amour Médecin). A ce compte là les français sont sourds et sourdingues. Ils renâclent, ils protestent, ils s'insurgent et ne veulent même plus entendre leur Président deux fois élu (ah les baisses d'audiences révélatrices). Le désamour vient des mensonges et des promesses parties au gré des quinquennats. A vrai dire ils ne sont pas sourds ou alors par jeu, en revanche ils ont les yeux bien ouverts sur un état des lieux de fractures et d'inégalités sociales aggravées.
"Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies " (Le Malade Imaginaire). Les avis et préconisations économiques, les lois et autres décrets multipliés pour combattre des maux sociaux paraissent des emplâtres sur des jambes de bois. Une impression de recyclage de vieilles recettes, qui à la marge satisfont l'immédiat mais ne font qu'accroître dette, conflits, erreurs, amertumes et révoltes. Les remèdes libéraux de la Veme République sont, semblent ils, devenus inefficaces, en tout cas les recettes cuisinées entre Assemblée et Sénat ne résolvent rien ou si peu. Quoi que répètent les mauvais augures il n'y a ni gouffre à nos pieds ni lourdes dérives. Le remède est à trouver, à imaginer, à faire naître d'une envie populaire non soumise aux habitudes. La foultitude des candidatures à la présidentielle de 2027 empêche pour l'instant une idée de rétablissement.
Molière avait, lit on dans maints livres sur sa vie, une sorte de morale qui s'exprimait en substance ainsi : "corriger le monde par le rire". Pas efficace pour contrer les guerres et les misères mais suffisant pour donner envie de résistance aux mauvais temps.