Lycéens. 29 septembre

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Ils sont instrumentalisés. C'est-à-dire, ils sont les instruments de quelqu'un, les outils d'un deus ex machina, d'une puissance étrangère, d'un mouvement occulte, d'une organisation politique extrémiste évidemment gauchiste. En clair ils sont niais au mieux, bêtes à manger du foin au pire, bref ils sont sans colonne vertébrale, sans culture, sans libre arbitre. Les lycéens ainsi présentés deviennent alors soumis aux casseurs, irresponsables voire dangereux et donc l'emploi de la force est nécessaire. C'est désolant de constater que de décennies en décennies, de droite ou de gauche les mêmes arguments sont employés dés qu'une révolte de lycéens enflamme les abords d'un lycée, démontre une capacité à bloquer des cours et suscite des sympathies dans l'opinion. Les pouvoirs ont peur des jeunes. Ce n'est pas simpliste de l'écrire puisque la démonstration se répète en ce moment.

N'ayez crainte, les mouvements lycéens, syndicats ou autres de l'année 2026 ne sont évidemment pas les copies de 1968. Ils sont simplement des personnes soucieuses d'étudier dans de bonnes conditions en ayant des moyens matériels convenables. Dans le détail, chaque ville, chaque région, mais aussi l'Etat centralisé est en cause. Et les demandes lycéennes ne sont pas exorbitantes, d'ailleurs les professeurs ont eux aussi rejoint le plus souvent les manifestants, y compris en faisant une chaîne de protection contre les avancées viriles policières.

Ce qui est troublant c'est ce recours mécanique à la répression.

Avec cette explication officielle, on n'a rien contre les lycéens, on entend leurs revendications, on fera le maximum mais ils sont sujets à des opérations de mani- pulations. En clair ce sont de braves petits (petites) mais ils n'ont (elles n'ont) pas l'intelligence suffisante pour comprendre la situation. C'est insupportable pour les concernés, cette manière politique de dénigrer, de rabaisser un groupe social pour espérer ainsi l'affaiblir dans l'opinion. Et que dire du déploiement massif, brutal de forces de l'ordre aux portes des établissements d'enseignement, seule réponse immédiate mise en place dans la précipitation par les locataires du pouvoir.

C'est absurde cette façon de traiter des demandes d'aide : désigner les contestataires comme sans cervelle et envoyer des agents casqués comme pour un assaut anti terroriste, pour les mettre à terre. Tout le contraire d'un pouvoir attentif aux générations du futur, d'un gouvernement conscient que les lycées manquent de moyens matériels suffisants. Mais ce n'est pas le premier à ainsi se comporter, comme si toute rébellion lycéenne était toujours considérée comme un excès juvénile qu'il fallait réprimer par un excés d'autorité.